Redonner du souffle aux festivals

Sénat - Commission de la culture, de l’éducation et de la communication (juillet 2017)

Article mis en ligne le 06/09/2017

Lors de sa réunion du 28 juin 2017, la commission a entendu une communication de Mme Françoise LABORDE, présidente du Groupe d’études sur les arts de la scène, les arts de la rue et les festivals en régions, sur la situation des festivals.

" Les festivals jouent un rôle moteur pour garantir un aménagement culturel équilibré du territoire. Ils se sont retrouvés, ces trois dernières années, dans la tourmente. Entre la crise des intermittents du spectacle, au printemps 2014, qui a fait craindre jusqu'à la dernière minute l'annulation du festival d'Avignon, la publication d'une cartocrise, en 2015, dénonçant les effets dévastateurs pour la culture des baisses de subventions, la menace terroriste qui pèse sur les organisateurs de festivals depuis la saison 2016 et les récentes annonces de fermeture de festivals liées à des changements d'orientations politiques, les inquiétudes sont nombreuses. Fleur Pellerin avait commandé à Pierre Cohen, un rapport sur la situation des festivals, rapport remis au printemps 2016 et dont Pierre Cohen est venu présenter les conclusions au groupe d'études il y a un an.

Ces dernières années, plusieurs réformes ont eu un impact fort sur les festivals ou, tout au moins, sur leur environnement. Il s'agit notamment des dispositions destinées à encadrer la pratique amateur de la loi « création, architecture et patrimoine » ou encore de l'heureux accord d'avril 2016 pour le régime d'assurance chômage des artistes et techniciens du spectacle.

Sans compter la décision de l'État de remettre à plat sa politique de soutien aux festivals pour réduire de moitié en une dizaine d'années, le nombre de festivals subventionnés, avec pour contrepartie, l'augmentation du montant moyen de la subvention allouée à chaque bénéficiaire. La Direction générale de la création artistique indiquait l'an dernier à notre rapporteur pour avis pour la création, David Assouline, que le mouvement devrait se poursuivre. Dans le contexte largement décentralisé des festivals, l'État a fait part de sa volonté de ne plus intervenir dans l'ensemble du champ, mais seulement là où des lacunes sont constatées ou lorsque des impulsions sont nécessaires. Les festivals privilégiés sont ceux qui promeuvent la diversité artistique, ceux qui sont ouverts à un public large ou qui veillent à diversifier leurs publics, ceux qui se situent dans des « zones blanches de la culture » ou ceux qui construisent des projets avec les acteurs culturels locaux et contribuent à la structuration du territoire.

Dans ce contexte, il a semblé utile au groupe d'études, d'approfondir sa connaissance des festivals - et surtout de bénéficier d'une information objective pour comprendre comment la presse peut, tour à tour, faire état de menaces graves pesant sur l'avenir des festivals et se féliciter de l'excellente saison 2016 avec une participation du public en hausse de 15 % et de la relative bonne santé du secteur.* "

Au sommaire de la note de synthèse

Un contexte changeant et délicat

  • Des festivals dans la tourmente
  • Un environnement en évolution
  • La réduction drastique des subventions de l’Etat
  • Le rapport Cohen
  • Une situation paradoxale

Des festivals nombreux qui constituent un atout pour nos territoires

  • La richesse culturelle de nos territoires
  • Des retombées inestimables
  • Une évolution naturelle

Une grande fragilité globale

  • Une forte incertitude budgétaire
  • Une compétence culture partagée à l’impact incertain
  • Des coûts en forte hausse
  • Une inquiétude exacerbée pour les festivals de rue

Des inquiétudes structurelles

  • L’essoufflement du bénévolat
  • Les contraintes de la programmation

Des pistes pour l’avenir

  • Aider les festivals à faire face aux surcoûts de sécurité
  • Mieux articuler les actions des différents niveaux de collectivité
  • Diversifier les soutiens


* extrait du discours de présentation de Françoise Laborde
 
source : site web du Sénat

CRÉDITS: EPCC Arteca