L’art lyrique en région

Rapport d'étude OPC - ROF (novembre 2017)

Article mis en ligne le 27/11/17

La ROF est le réseau national des opéras en France. Elle fédère aujourd’hui 33 maisons d’opéra, scènes, compagnies ou festivals lyriques qui partagent tous les mêmes missions et les mêmes objectifs généraux.

Elle a pour missions : 

  • d'informer : diffusion d'informations via son site web, base de données statistiques annuelles (financements, activités, fréquentation, emplois des membres), base de données des archives des productions des théâtres lyriques
  • de coordiner : actions communes réunissant les professionnels du secteur,  services communs de conseil juridique, social, fiscal...
  • de valoriser : soutien à des projets éditoriaux (ouvrages d'érudition, pour les enfants), opérations spécifique type "Tous à l'Opéra !"

Présentation du rapport

Démarche prospective sur les opéras du Grand Est et de Nouvelle-Aquitaine dans le contexte de la réforme territoriale

Extraits de l'introduction du rapport :

" Le monde de l’art lyrique se caractérise en France par la diversité des structures qui œuvrent à la création, la production et à la diffusion, ainsi que par un maillage plus ou moins dense de ces structures sur l’ensemble du territoire national. Il s’inscrit dans un contexte marqué par des bouleversements liés à la réforme territoriale des métropoles et des régions. Il subit la contraction des finances publiques et doit s’adapter aux transformations des politiques et de l’environnement culturels (nouveaux enjeux de l’action culturelle, transversalités dans les pratiques professionnelles, impacts du numérique, évolutions des pratiques des Français, etc.).

La Réunion des Opéras de France a sollicité l’Observatoire des politiques culturelles pour l’accompagner dans sa réflexion sur l’évolution et le positionnement stratégique des maisons d’opéra et institutions d’art lyrique. Dans le cadre de cette démarche que l’on a souhaitée participative, un travail à la fois descriptif et prospectif s’est engagé au début de l’année 2016. Il s’appuie sur les problématiques de coopération, de collaboration et de réseaux (entre les structures et avec leurs partenaires) ainsi que d’ancrage dans les modalités actuelles d’action publique culturelle et de rayonnement territorial. L’ensemble de la démarche vise également à situer les opéras au sein des politiques culturelles afin de les aider à se projeter dans un avenir plus assuré.

L’étude nous a permis de comprendre la nature des évolutions en cours, et de les caractériser plus finement depuis qu’on a maintes fois fait le constat d’une insuffisante coopération des maisons d’opéra des villes et de l’inexistence de la « régionalisation de l’art lyrique ». Dans quelle mesure la loi du 7 août 2015 portant Nouvelle organisation territoriale de la République (loi NOTRe) est-elle saisie par les acteurs comme une opportunité pour faire évoluer la gouvernance de l’art lyrique dans les régions ? La « métropolisation » de la culture peut-elle progresser avec la loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles ? [...]

Les directeurs de maisons de province sont assez unanimes à considérer comme une iniquité la disparité des subventions qu’ils reçoivent par rapport à ce qui est accordé à l’Opéra de Paris et certains en tirent argument pour éluder les « bons conseils » que le ministère de la Culture peut leur prodiguer. Ils sont néanmoins sous la dépendance du ministère car c’est de lui que dépend le label d’opéra national accordé aujourd’hui à cinq de ces structures, les autres bénéficiant de conventionnements ou de soutiens plus ponctuels. Notre étude intervient au moment où la loi sur la liberté de création (en cours d’adoption durant l’enquête) est votée, avec des conséquences sur l’équilibre du monde de l’opéra dont certaines sont déjà visibles. Enfin, elle prend place au moment où l’État et les maisons d’opéra négocient le cahier des charges lié au label d’« opéra national ».

Le présent rapport a été établi sur la base d’une enquête qui s’est déroulée en 2016. Il repose sur deux méthodes de travail : d’une part, des entretiens semi-directifs réalisés au 1er semestre 2016 auprès d’une cinquantaine de personnes [...]. De plus, un séminaire de travail et de production d’idées s’est tenu le 3 février 2017 à Strasbourg et a rassemblé une soixantaine de participants (cf. chapitre 5). […]

Le rapport est structuré en cinq chapitres. Un premier chapitre pose le cadre problématique de l’étude en saisissant le monde de l’art lyrique comme un système de coopération soumis à de profondes mutations dans ses dimensions constitutives, c’est-à-dire sa matérialité, son système d’acteurs et sa logique symbolique. Le deuxième chapitre aborde les dynamiques matérielles du fonctionnement des opéras en privilégiant les contraintes physiques du bâtiment lui-même et la politique de gestion des publics. Dans le troisième chapitre est analysé le système d’acteurs dans sa tentative de s’adapter aux changements organisationnels et politiques en cours. Le quatrième se concentre sur les différentes logiques symboliques qui conduisent l’institution de l’opéra à renégocier le sens de son existence dans l’espace public. Le cinquième et dernier chapitre prolonge la réflexion en proposant des pistes de travail pour l’évolution du secteur lyrique alimentées par les professionnels du domaine lors des rencontres à Bordeaux, Nancy et Strasbourg – au cours desquelles les principes collaboratifs et prospectifs qui ont animé cette démarche ont pris tout leur sens. "


Carte issu du rapport, page 7

Pilotage de l’étude : Observatoire des politiques Culturelles I Commanditaire : Réunion des Opéras de France I Démarche menée avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication et ses directions régionales Grand Est et Nouvelle- Aquitaine, de Régions de France, de la Caisse des Dépôts, et du conseil régional Nouvelle-Aquitaine.

source : site web de la ROF

CRÉDITS: EPCC Arteca